Champagne Nicolas Feuillatte et son Grand Prix d’Or des Trophées de l’œnotourisme

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Le 3 juin dernier, l’union de coopératives Nicolas Feuillatte obtient la distinction Grand Prix d’Or des Trophées de l’œnotourisme, catégorie Architecture et Paysages, remis par le magazine Terre de Vins.

Fondé en 1972, et implanté sur la prestigieuse Côte des Blancs, à Chouilly près d’Epernay, Nicolas Feuillatte est situé en haut d’une colline avec vue panoramique sur les vignes. Les bâtiments élégants révèlent une architecture résolument contemporaine, le toit onduleux fait écho aux coteaux champenois et les façades de verre offrent un panorama unique à 360° sur le vignoble. La dimension environnementale, chère à la marque, a été intégrée à la conception et à la réalisation des bâtiments, notamment à travers les choix des procédés et des produits de construction. Ainsi, les bois utilisés sont issus de forêts gérées durablement.

La nouvelle proposition oenotouristique de Nicolas Feuillatte

Plus grand regroupement de vignerons de la Champagne avec 5 000 vignerons coopérateurs et 1ère marque en France, Nicolas Feuillatte a lancé depuis le début du mois de juin, un parcours à la fois pédagogique et accessible à tous qui s’étend sur 2 500 m² . De la vigne au vin, toutes les étapes de l’élaboration des cuvées sont dévoilées. Tous les sens y sont mis en éveil : 

  • L’ouïe avec la musique en toile de fond
  • La vue avec des mots qui dansent sur les cuves
  • L’odorat pour sentir les effluves du vin
  • Le toucher pour comprendre les différents stades de l’évolution du vin dans la bouteille
  • Le visuel avec la galerie des œuvres d’art et les portraits de vignerons disposés tout au long de la visite

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    Photo: M. Jolyot

Atelier de dégustation « efferv’& sens»

Pour approfondir son expertise des vins, Champagne Nicolas Feuillatte propose une séance de dégustation à l’aveugle autour de 3 cuvées pour prendre le temps de découvrir en détail les 3 cépages dominants de l’appellation.

L’application « Oh my Champ ! »

L’application « Oh my champ » à installer sur son mobile  permettra de trouver son champagne Nicolas Feuillate idéal, en fonction de ses goûts et de sa personnalité. C’est un peu dans l’idée du « Dites-nous qui vous êtes, et nous vous dirons quel Champagne est fait pour vous ».

3 axes de départ sont proposés pour trouver sa cuvée :

  • « Inspirez-moi » un quizz qui suggère une cuvée selon ses envies du moment.
  • « Accord parfait » propose de trouver LE champagne idéal pour bluffer ses convives.
  • « Occasion idéale », pour dénicher le vin de circonstance destiné à une occasion particulière.

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Rendez-vous avec le Chef de Caves

Guillaume-RoffiaenEt le clou de la visite reste le « rendez-vous avec le Chef de Caves » ! 

Sur une borne interactive, le visiteur bénéficie de conseils, grâce à des vidéos commentées par le Chef de Caves de la Maison depuis 2017, Guillaume Roffiaen.

 


Vous pouvez retrouver les cuvées de Champagne Nicolas Feuillatte sur notre site Envie de Champagne

La Maison Ruinart s’engage pour la biodiversité en Champagne

Depuis de nombreuses années déjà, la Maison de Champagne Ruinart s’engage dans la protection de l’environnement et notamment dans la lutte contre le changement climatique. Labellisée déjà Haute Valeur Environnementale et Viticulture Durable en Champagne depuis 2014, la Maison va aujourd’hui plus loin en consacrant la totalité des 40 hectares du vignoble historique de Taissy à un projet pilote en faveur de la biodiversité, mené avec Reforest’Action.  Le projet s’inscrit dans le cadre du mouvement IMAGINE. Frédéric Dufour (à droite sur la photo ci-dessous), président de la Maison Ruinart présente à la rédaction de Envie de Champagne l’étendue du projet.

Frédéric Dufour, Ruinart oeuvre pour la protection de l’environnement depuis des années, quel est ce nouveau projet engagé de vitiforesterie ? 

Les initiatives en faveur de la promotion de la biodiversité ne sont pas rares en champagne et se sont même développées ces dernières années. Le morcellement des parcelles et la plantation de haies n’est pas nouveau. Nous sommes loin d’être les seuls mobilisés sur ce sujet. Cependant, le projet de Taissy se distingue par son ampleur (une parcelle unitaire de près de 40 hectares) et sa gestion globale. La vitiforesterie est l’application des principes de l’agroforesterie au monde viticole. Si elle n’est pas rare dans les vignobles du sud de la France, elle est beaucoup moins répandue plus au nord, notamment en champagne. Elle permet notamment de participer à la régénération des sols en les décompactant. A Taissy, la première étape concerne la réalisation de haies et îlots qui vont permettre de fragmenter l’unicité du vignoble et créer des corridors écologiques entre différentes zones forestières.

Qu’est-ce que le  » mouvement IMAGINE » dont Ruinart est l’un des premiers membres? 

Le mouvement IMAGINE, créé en mars 2021, réunit au niveau international, les acteurs souhaitant se mobiliser dans le monde entier pour la préservation et la régénération des forêts à grande échelle, afin de lutter contre l’urgence climatique et restaurer la biodiversité. Nous n’avons pas la prétention de nous considérer comme des experts de la biodiversité, de l’agroforesterie ou de la gestion de forêt. Nous nous appuyons sur l’expertise de Reforest’Acton, créé en 2010, avec aujourd’hui plus de 10 millions d’arbres plantés dans 25 pays, un acteur reconnu pour son expertise dans la création et le suivi de forêts dans le cadre de projets en faveur de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique. Elle a une approche globale (sociale, environnementale, climatique…) qui a du sens pour nous et nous sommes heureux qu’elle accepte de nous accompagner et de partager leur expertise.

Qui est « Reforest’Action » avec lequel s’associe Ruinart? 

Si on compare ce projet à un chantier, Ruinart est le propriétaire et commanditaire, Reforest’Action est l’architecte (ils nous conseillent sur l’ingénierie du projet) et l’entreprise qui réalise les travaux (ils s’occupent de la réalisation du projet). Reforest’Action n’est ni une ONG, ni une association, c’est une entreprise certifiée B Corp (une certification octroyée aux sociétés commerciales répondant à des exigences sociétales et environnementales, de gouvernance ainsi que de transparence envers le public). Le projet mené avec Ruinart à Taissy est leur premier projet de vitiforesterie en Champagne.

En mars 2021, vous avez commencé par planter des haies périphériques dans le vignoble, et bientôt des haies intraparcellaires à quoi cela sert-il? 

Nous souhaitons mener un projet exemplaire sur toute la zone, et dans toutes ses composantes. Sa situation, à proximité d’un espace forestier naturel va permettre, grâce à l’implantation des haies et des îlots dans le prolongement, de créer ces corridors écologiques locaux qui vont aider à régénérer la flore et la faune. Par ailleurs, le projet, dans sa phase 2, comprend deux éléments originaux :

  • la création d’une micro forêt de près de 5 hectares en contre bas du vignoble, à proximité d’une ligne de chemin de fer, sur un terrain mitoyen.
  • l’arrachage de certains rangs de vigne pour implanter les haies intraparcellaire sur près d’1km. C’est sans doute la première fois que l’on va arracher des vignes au sein d’un vignoble pour favoriser la biodiversité.

Le projet devrait donner une impulsion positive sur la zone et favoriser le corridor écologique plus large situé entre la Montagne de Reims et le Mont Berru. Cela va avoir un impact en faveur de la biodiversité sur la faune et la flore, avec de nouveaux habitats pour une faune utile à la culture de la vigne, mais aussi une régénération des sols et un impact sur l’eau, et une restauration paysagère historique du vignoble champenois.

Par la suite plus de 14 000 arbres et arbustes vont être plantés, pouvez-vous nous en expliquer les « bénéfices »? 

Cela va avoir un impact en faveur de la biodiversité sur la faune et la flore, avec de nouveaux habitats pour une faune utile à la culture de la vigne, mais aussi une régénération des sols et un impact sur l’eau, et une restauration paysagère historique du vignoble champenois. Il s’agit d’agir concrètement à la préservation de notre environnement, aussi bien en luttant contre le réchauffement climatique qu’en agissant en faveur de la biodiversité. De manière locale ensuite, en menant une expérience pilote en Champagne dont les enseignements pourront être partagés largement, et nous l’espérons adoptés par le plus grand nombre.

Maison Rare, des champagnes bijoux

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Histoire fascinante que celle de la Maison Rare Champagne. Appartenant à la Maison Piper-Heidsieck et longtemps considérée comme cuvée iconique, la Maison devenue « Rare » vole maintenant de ses propres ailes. Une identité personnelle qui mature depuis son premier Millésime en 1976. 1976, c’est l’année du combat avec une canicule extrême. C’est là que tout commence pour cette Maison aux champagnes absolument uniques.

Rare Champagne en quelques chiffres

Les cuvées Rare Champagne sont toujours issues à 70 % de Chardonnay de la Côte des Blancs et de la Montagne de Reims, qui apporte une minéralité précise incroyable et 30 % de Pinot noir du cœur de la Montagne de Reims, (Verzy ou Aÿ notamment), à la texture pure et soyeuse. 

En étant uniquement vinifié que lors d’années exceptionnelles, chaque millésime Rare Champagne réunit 3 paramètres indispensables : l’expertise de Régis Camus, Chef de caves prestigieux de la Maison, le temps de maturation dans des conditions optimales et une année véritablement atypique. Ce sont ces années-là, qui malgré une météo qui semble avoir perdu la tête, permettra au raisin d’exprimer la quintessence de ses arômes et de développer des notes inattendues et singulières. Ainsi, par exemple, Rare Millésime 1976 est né d’une sécheresse sans précédent, 1979, d’un printemps froid et pluvieux entraînant une floraison et des vendanges tardives et Rare Millésime 1985 d’une terrible gelée noire. 

Seules 12 cuvées ont été réalisées en 45 ans : 1976, 1979, 1985, 1988, 1990, 1998, 1999, 2002, 2006, 2008 et Rare Rosé Millésime 2007 et Rare Rosé Millésime 2008.

Les vins vieillissent sur lies 8 ans minimum. Quelques exceptions, avec la cuvée 2008 Rare rosé millésimée vieillie 10 ans, 2006 Rare millésimé qui a passé 12 ans dans les caves de la Maison et 1998 Rare millésimé qui lui à pris le temps de s’affirmer pendant 20 ans. 

Le style Rare Champagne

À la fois oriental et frais, mature et chaleureux, Rare Champagne est bichonné par les mains magiques de Régis Camus, désigné comme Chef de caves de vins effervescents de l’année par l’International Wine Challenge à huit reprises entre 2004 et 2013. Rare Champagne dévoile des notes d’épices douces et de fruits frais des Tropiques, parfois confits.

Rare millésimé 2008

« S’il y a un mot pour expliquer 2008, c’est infini » confie Régis Camus.

Alors que la plupart des Maisons de Champagne ont sorti leur 2008 en 2018, le Chef de caves attend, et déguste son vin jusqu’à ce que son « travail de passion et d’amour » soit prêt à être révélé au public au début de ce mois de juin.

2008 est une année exceptionnelle en Champagne avec un climat imprévisible. Un hiver doux, un printemps froid et une saison de croissance pluvieuse. Le vin qui en résulte est « une composition fraîche, structurée, harmonieuse ».

A la dégustation, les effluves sont florales et se dirigent vers la fleur d’oranger, et la jacinthe. Ensuite c’est aussi une fleur mais celle de la vanille associée à la noix de coco fraîche et à la poire. C’est le printemps, et un cycle constant d’arômes que la bouche offre. Elle est jeune, fraîche et croquante, avec l’ananas frais, le fruit de la passion, le kiwi, le noix de coco et les agrumes acidulés. La finale est ponctuée de salinité, remarquable et iodée.

Un champagne gracieux, réservé aux hédonistes, à marier à des huîtres, une sole grillée, des langoustines, des poivrons confits, ou en dessert avec un chocolat au lait, mangue et passion ou de l’ananas caramélisé.

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Photo: Maison rare Champagne

Le flacon

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Photo : Maison Rare Champagne

Au XVIIIe siècle, Florens-Louis Heidsieck présente sa première cuvée de prestige à Marie-Antoinette, reine de France dans une bouteille dite aristocratique : la Pinte Majeure. Rare est un hommage à ce geste. Le design du flacon reste le même depuis, dessiné par Pierre-Karl Fabergé, joaillier du Tsar de Russie Alexandre III.

Devenue l’emblème de la Maison, elle affirme avec fierté le charisme de son vin. Une bouteille/bijou aux épaules asymétriques héritée d’une longue tradition de soufflage du verre à la bouche par les maitres-verriers.
Réhaussée d’une dentelle noire et or, en forme de couronne «telle une allégorie de la vigne triomphante», dessinée par la maison d’orfèvres-bijoutiers Arthus-Bertrand, la tiare affirme la personnalité du vin. « Si le noir évoque naturellement le Pinot noir, l’or traduit métaphoriquement les reflets du chardonnay dans la lumière. » explique la marque. 

Luxe ultime, la tiare est amoviblelacée à l’arrière de la bouteille pour pouvoir être ensuite portée en bracelet !

Le flacon réinventé par des artistes

En 1985, la Maison Van Cleef & Arpels imagine un flacon haute joaillerie, en or, diamants et lapis-lazuli, édité en un seul et unique exemplaire, à l’occasion du 1er millésime du XXe siècle, Rare Millésime 1976. Cette bouteille/bijou illustre autant le savoir-faire unique de Rare Champagne que le caractère exceptionnel du millésime. 

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Photo : Maison Rare Champagne

En 1997, Rare Champagne ne déclare pas le millésime, dû à une météo trop éprouvante. Toutefois, Régis Camus pense qu’il y a du potentiel, et en secret, réalise un assemblage qu’il conserve, dans sa cave personnelle, exclusivement en magnums. 20 ans de vieillissement plus tard, « Rare Le Secret » était né. À la différence des autres millésimes, son absence de dosage lui offre une personnalité incomparable.
Pour cette cuvée véritablement unique, la famille Descours, propriétaire de la marque, propose à la plus ancienne dynastie de joailliers au monde Mellerio d’imaginer une parure inspirée par la muse commune aux deux maisons : Marie-Antoinette. La reine de France aurait acheté en 1780 à Mellerio un bracelet orné de sept camées et de rubis.

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Photo: Maison rare Champagne

Plusieurs flacons exceptionnels ont été créés:

  • l’un évoquant la haute joaillerie, « Rare Le Secret Édition Haute Joaillerie » disponible à seulement 4 exemplaires, qui s’inspire des rubans qui ornaient les toilettes de Marie-Antoinette,
  • le second, gravé, « Rare Chaque magnum » orné d’un diamant, rubis, saphir ou émeraude d’au moins un carat enlacé par les rubans pavés de 510 diamants.
  • le dernier « The Goldsmith Edition Magnum » apposé d’une plaque embossée et plaquée or.rare-le-secret-the-goldsmith-edition-magnum

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Retrouvez les cuvées Rare Champagne sur Envie de Champagne ici 

Champagne Jacquart, le renouveau des cocktails chics !

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Créé en 1964, Champagne Jacquart, c’est aujourd’hui, à peu près 300 hectares de vignes, sur une soixantaine de crus différents, qui permettent un approvisionnement des trois cépages (Pinot noir, Chardonnay et Meunier) d’une grande richesse. Joëlle Weiss, est l’œnologue de Champagne Jacquart, et donc en charge de la préservation du style de la Maison. Jacquart est une marque jeune, contemporaine, chic et décomplexée qui se définit vers l’avenir avec cette forme de liberté que beaucoup leur envient. Alors tout en restant dans l’univers du luxe, la marque qui aime aussi l’esprit guinguette qui rassemble; décide de s’associer avec Julien Defrance, fondateur de Likidostyle, un laboratoire de réflexion autour de la mixologie. Et quoi de mieux qu’un cocktail pour tenter l’expérience du champagne de façon différente ? 

Joëlle Weiss, en quoi un cocktail avec du champagne est une expérience ?

Le cocktail est intéressant à condition de le prendre à contre-pied et de faire le mieux du cocktail. L’idée n’était pas du tout de faire un cocktail où on ajoute un peu de champagne pour dire qu’il est royal. Non, nous sommes dans une démarche inverse. Par exemple, avec les deux que nous avons créé avec le mixologue Julien Defrance, sur 15cl dans le verre, il y a déjà 10 cl de champagne. C’est la colonne dorsale du cocktail. Et je suis convaincu que nous allons pouvoir chercher de nouveaux consommateurs.

Vous avez choisi comme base de vos cocktails, la cuvée Mosaïque Brut, pourquoi ce choix ?

Je trouve que la cuvée Mosaïque Brut c’est Jacquart dans toute sa splendeur. C’est un assemblage de 60 crus. La dominante de cépage Chardonnay offre une très grande fraîcheur et une belle minéralité. Le nez est sur les fruits blancs, la pêche, le brugnon, la poire. C’est floral aussi, l’expression même du Chardonnay sans l’austérité. Il représente la transition du printemps à l’été. La bouche est très fruitée sur les fruits charnus…. Une douceur de fruit. Une cuvée élégante pleine d’allégresse et de joie. C’est ça l’esprit de Jacquart : la finesse, la lumière, avec une forme de fraîcheur douce et délicate. Nous voulions choisir notre champion pour concevoir les meilleurs cocktails.

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@Jean-Marc Moreira

Concevoir un cocktail, c’est un peu comme créer une nouvelle cuvée finalement ?

La mixologie, c’est la même démarche que quand je fais, moi, mon champagne. Je vais faire se rencontrer des ingrédients qui ne se seraient pas rencontrés sans mon intervention, dans l’unique but de les sublimer. Quand je fais mes assemblages, je vais chercher des Meuniers de la vallée de la Marne, des Chardonnays de la Montagne de Reims, des Pinots noirs de la Côte des Bars, chacun a sa propre identité, et en les mettant en commun, on va arriver à un nouveau produit. C’est pareil pour un cocktail ou un plat d’ailleurs. Ces cocktails, je les considère comme une réalité augmentée de mon Jacquart.

Que dites-vous aux gens qui pensent qu’un cocktail au champagne est une hérésie ?

Chez Jacquart, nous avons toute légitimité à aller dans cet univers à condition d’y aller dans la qualité et de mettre notre meilleur. Julien, le mixologue a bien compris cela, il a associé mon meilleur, mon champion, mon brut Mosaïque avec d’autres meilleurs pour arriver à faire des cocktails à notre image et à notre niveau d’exigence qualitative. Et puis en cherchant un peu dans les archives, nous nous sommes rendus compte qu’en 1982, la Maison avait remporté le diplôme d’or du concours national des cocktails par l’Association Barmen de France ! Pas mal ! 

Comment avez-vous travaillé ces deux cocktails ?

Nous avions le désir de fraîcheur et donc de pulpe de fruits. C’est une sucrosité naturelle que nous voulions équilibrer avec notre Mosaïque brut. Pour le cocktail « Twist & chic », nous sommes partis sur des arômes de fruits du verger, très marquants, très forts qui sont présents dans le Mosaïque brut. Julien a souhaité apporter un supplément de gourmandise avec de la purée de poire. Il a ce côté texturant dans la poire. Il y a le fruit, la douceur et le petit grain de la poire, qui amène le cocktail dans une autre dimension, totalement cohérente avec mon Mosaïque brut. Pour compléter cette gourmandise de façon plus exotique, il a ajouté une touche de litchi. Effectivement, c’était extrêmement gourmand. Et enfin, pour rehausser le tout, il a apporté du gingembre, un peu comme nos vins de réserve seraient nos épices, là, c’est le gingembre. La dernière touche pour équilibrer le cocktail. Un bon cocktail, c’est un cocktail qui est respectueux de chacun des ingrédients et qui a son identité propre. Il fait le trait d’union entre un dégustateur pur de champagne et un dégustateur qui aimerait venir au champagne, mais qui a besoin d’un certain nombre d’étapes.

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@Jean-Marc Moreira

Et pour le second cocktail « Room 1964 » ?

Pour le second, nous sommes partis dans l’univers des fruits rouges nobles. La framboise en est un, qui va bien avec l’univers Jacquart. C’était très girly dans l’assemblage au départ et Julien a ajouté une liqueur de fruit rouge. Mais la Rolls-Royce des liqueurs, il y a du cognac élevé en fût dedans. Cela apporte une profondeur vineuse juste ce qu’il faut, qui se révèle quand le cocktail se réchauffe. Puis ce qui va bien avec les fruits rouges, c’est le romarin. C’était étonnant, un peu « waouh » quand j’ai goûté, et nous avons rééquilibré tout cela avec du lime. Chaque chose est vraiment à sa place. Il m’a convaincu et m’a amené dans un autre univers.

Le champagne, a-t-il toujours sa place dans ce cocktail ?

La mécanique des fluides est très importante. J’avais très peur de diluer le champagne avec des glaçons par exemple, et j’avais tendance à n’en mettre qu’un, mais en fait, il faut en mettre beaucoup, comme ça, ils ne fondent pas. C’est une évidence finalement, mais je n’y avais pas du tout pensé. C’est certes, un produit moins alcoolisé, mais avec une fluidité qui fait qu’il est désaltérant. On reste dans l’univers du champagne avec des bulles ! J’avais peur de ça aussi, que mon champagne perde toute son effervescence. Le modus operandi est de commencer à mettre les purées, puis les glaçons. On assemble les densités et les températures, en mélangeant, et seulement, après on met le champagne. Si on met le champagne directement au contact des glaçons, il perdra en effet, toutes les bulles. Travailler avec un mixologue a permis de traiter mon champagne de manière très respectueuse.

Le Meunier, 3eme cépage de la Champagne

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Bien que 7 cépages soient autorisés sur l’appellation Champagne, 3 d’entre eux occupent plus de 99 % de la région viticole, quasiment à parts égales : le Chardonnay et le Pinot noir que nous avons déjà abordé et le petit troisième, le Meunier. Le Meunier, c’est un peu le vilain petit canard des cépages champenois, qui occupe pourtant 34 % du vignoble soit une superficie de près de 11 000 hectares. Dans les airs de l’appellation catégorisés en Grands crus et en Premiers crus, le Meunier n’est pas vraiment le bienvenu, en dehors de deux à Aÿ et Sillery en Grands crus et peu sur les Premiers crus. Souvent utilisé en complément de Pinot noir son cousin et du Chardonnay, il offre pourtant des champagnes avec une belle rondeur. 

Le Meunier

Pinot meunier, Gris meunier dans l’Orléanais, Müller-traube en Allemagne, ce cépage est apparu au XVIe siècle sous le nom d’Auvernat gris et longtemps en Champagne, il s’est nommé « Morillon Taconné ».
Il aime pousser sur les sols glaiseux, argilo-calcaires, marneux, voire argileux donc des terres en général assez riches. Majoritairement cultivé dans la Vallée de la Marne et dans l’Aisne, il donne de minuscules grappes, toutes compactes et à très petits grains à la peau épaisse et noire bleutée, mais à la chair incolore. C’est parce que le dessous de ses feuilles est recouvert d’un fin duvet cotonneux blanc, rappelant la farine que manipule le Meunier, qu’on lui a donné ce nom. 

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Illustration du cépage Meunier par Alexis Kreyder dans l’ouvrage « Ampélographie

Les vignerons sont de plus en plus nombreux à hisser haut les couleurs des cuvées 100 % Meunier. Créé en 2015 par Éric Taillet vigneron champenois et Pierre-Yves Bournerias œnologue depuis 1989, le « Meunier Institut » est une association à but non lucratif dont l’objectif est de mettre en avant, d’informer et de partager son savoir-faire autour du cépage Meunier. Au total de 9 membres dont 8 vignerons champenois et Pierre-Yves Bournerias tous passionnés par le Meunier et les multiples facettes qu’il peut offrir.

Les atouts du Meunier

C’est un cépage fort qui résiste bien aux gelées d’hiver. Il est donc planté là où le vignoble est le plus menacé par le gel printanier, dans la partie la plus occidentale de la vallée de la Marne, mais aussi dans la Côte des Blancs et dans l’Aisne.
Il mûrit plus vite et plus facilement que ces compères Chardonnay et Pinot noir et ses rendements sont aussi plus réguliers et en moyenne de 10 à 15 % supérieurs au Pinot noir. 

Arômes et saveurs du Meunier

Ce champagne fruité, aux arômes inattendus, devient ce plus en plus un vin gastronomique. Le Meunier offre des vins souples, qui ont dans leur jeunesse un fruité très charmeur. Au nez, il est courant de retrouver les arômes de reine-claude, fruits jaunes, de pomme et de framboise avec beaucoup de rondeur. Souple et aussi sur le fruit, il apporte la gourmandise au champagne quand il est assemblé au Pinot noir et au Chardonnay. En bouche, il offre rondeur, souplesse et croquant.
Il manque en revanche, d’acidité et il aura donc plus de mal à vieillir. Les champagnes à base de Meunier peuvent se déguster tout au long d’un repas avec des viandes légères, du fromage, et même des desserts au chocolat ou aux fruits. 

Des grands champagnes au Meunier

  • Chez Krug, le Meunier est un cépage phare, l’utilisant largement dans ses assemblages comme dans son Brut Grande Cuvée.
  • Au sein de la Maison Appolonis, le Meunier est le cépage de prédilection ( APOLLONIS, LES CHAMPAGNES EN MUSIQUE). la cuvée « Authentic Meunier » est gourmande, idéale pour un apéritif. C’est la cuvée coup de cœur d’Arnaud Lallement le chef du restaurant Reimois l’Assiette Champenoise.
  • Indispensable à l’équilibre de Spécial Cuvée et de Bollinger Rosé, le Meunier leur apporte, en petites touches, leur rondeur et leur souplesse.  La Maison Bollinger le cultive sur 24 hectares à Champvoisy, Passy-Grigny et Venteuil.
  • La cuvée Blanc de Meuniers de la Maison Leclerc Briant est un champagne de caractère, charnu et minéral. Cette cuvée est élaborée uniquement à partir de Pinot Meunier élevé selon la culture biologique et venant de terroirs Premier Cru.
  • Chez Billecart-Salmon, le Meunier est aussi un chouchou. L’encépagement total de la Maison est a 85 % en Meunier et offre différentes cuvées où s’expriment toutes les nuances du cépage avec une collection qui lui est propre la « Collection Meunier ».
  • La Maison Laherte Frères et leur Rosé de Meunier est un champagne qui provient de plusieurs parcelles situées sur les Côteaux sud d’Epernay. Ces vieux pieds de vigne de Meunier âgés de 25 à 50 ans sont traités avec des pratiques biodynamiques. Un champagne 100% Meunier frais, complexe et très aromatique.
  •  la Maison Moussé Fils travaille le Meunier depuis 1923 sur un terroir d’argiles vertes. Toutes les cuvées de la Maison en sont composées (en dehors des Blanc de blancs), à l’image de la cuvée « Les vignes de mon village« , 100% Meunier issu de l’assemblage de grandes années et provenant du terroir de Cuisles ou le rosé « Effusion » élaboré à partir de deux perpétuelles depuis 2003: l’une de vins blancs, et l’autre de vins rouges, qui est elle, issue d’une même parcelle de Meunier, et vieillie 24 mois en fûts de plus de 8 ans.

« Du temps pour atteindre la plénitude » chez Champagne Alfred Gratien

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Après avoir investi dans le vignoble Saumurois, le jeune Alfred Gratien développe ses affaires en Champagne, en s’associant avec un certain Albert Jean Meyer. En 1964, la Maison Gratien & Meyer était née. Plus de 150 plus tard, le Champagne Alfred Gratien demeure familial et perpétue la tradition champenoise. Cette « petite » Maison de négociants compte environ 300 000 cols par an. Ambiance familiale au sein même de la Maison puisque le Chef de Caves Nicolas Jaeger est la 4e génération de sa famille à travailler pour la marque. Rencontre avec un passionné, gourmand, et amoureux des vins de champagne….

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©Michael Boudot pour Champagne Alfred Gratien

Nicolas Jaeger, comment vous approvisionnez-vous en raisins pour la marque Alfred Gratien ?

La Côte des blancs, la montagne de Reims et la Vallée de la Marne sont mes lieux d’approvisionnement. Nous restons autour de la ville d’Epernay de façon totalement exclusive. Notre devise « Des bons raisins pour faire des bons vins ». Nous bichonnons nos livreurs et nous y sommes fidèles. Mon grand-père travaillait déjà pour Alfred Gratien et travaillait aussi déjà avec les parents de nos actuels viticulteurs. Il y a une vraie fidélité et une vraie sensibilité à livrer Alfred Gratien et ça fait partie du patrimoine de la Champagne. Chez Alfred Gratien, tous les vins sont travaillés séparément, ce qui va permettre d’avoir la possibilité de faire des assemblages pointus certes, mais aussi de faire déguster à nos viticulteurs le fruit de leur production. C’est important, parce que quand on livre Alfred Gratien, on n’est pas anonyme, on s’implique dans une démarche qualitative. 

Votre famille travaille pour la marque depuis 1905, était-ce une évidence pour vous de suivre les pas de vos ancêtres?

Nous avons la chance avec mon père et mon frère d’être aussi viticulteur en Champagne. Nous avons toujours baigné dans ce monde viticole, donc oui, c’était une évidence de travailler dans le vin. Les raisins que mon grand-père produisait étaient déjà achetés par la Maison. Notre production entre donc aussi dans l’élaboration de certaines cuvées de la Maison. Le 1er juillet 90, l’ancienne direction m’a proposé de travailler avec mon père Jean-Pierre, j’ai dû réfléchir moins d’une minute pour dire oui. Après 17 années de collaboration, auprès de mon père, j’ai pris sa suite et suis devenu, à mon tour, Chef de Caves du Champagne Alfred Gratien en 2007. Il y a une âme dans cette Maison et je fais l’a vivre comme si c’était la mienne.

Vous êtes une petite équipe de 7 personnes, comment travaillez-vous ?

Chaque personne de l’équipe est importante, je leur fais totalement confiance. Quand je m’absente pour être dans le vignoble, je sais qu’en cave tout le monde est à son poste, et qu’au moindre problème ou doute, on m’appelle. Le passage en fût est un énorme travail et j’ai coutume de dire qu’avec un fut, on peut faire le meilleur, comme le pire. Mon équipe est donc essentielle. Le Chef de Caves est surtout comme un chef d’orchestre qui n’est pas grand-chose sans son équipe. J’ai plutôt un joli métier.

Avec combien de viticulteurs travaillez-vous ?

Une petite cinquantaine. Le but n’est pas d’avoir de très gros approvisionnements par viticulteurs, mais surtout d’avoir une belle diversité qui est importante pour les assemblages.

Quelle est la particularité de la Maison Alfred Gratien ?

Nous élevons 100 % de nos vins en fûts de 228 litres, et nous n’effectuons jamais de fermentation malolactique. Ce qui nous permet de conserver la fraîcheur des vins. Ce sont des vins de champagne, je mets l’accent sur le mot « vin », car avant tout un bon champagne, c’est un grand vin. C’est vinifié, chouchouté et élaboré comme un vin. 

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©Michael Boudot pour Champagne Alfred Gratien

Et quel est le style des champagnes Alfred Gratien ?

Nos vins sont accessibles. Cela signifie pour moi, que l’on soit amateur de vin ou consommateur irrégulier, nos vins sont chaleureux et assez fruités. Et comme nous ne faisons pas de fermentation malolactique, ils font saliver. Ils ont un côté gourmand, chaleureux, et fruité avec une envie d’y retourner. La texture de nos bulles est très crémeuse et délicate, que ce soit à la dégustation et au toucher. Ils sont ronds et puissants sans être lourds. J’aime parler de gourmandise. Je suis un peu gourmand moi-même et mes vins sont le reflet de ce que je suis aussi. J’aime qu’on ai envie de reprendre un deuxième verre.

La notion de temps est importante chez Alfred Gratien ?

On ne peut pas faire des champagnes dans la précipitation. Je ne vais pas être patient avec ma brioche qui lève dans mon four, je vais vouloir l’a manger tout de suite parce qu’elle est chaude et qu’elle sent bon par contre avec le champagne je DOIS être patient, je n’ai pas le choix. En Champagne, la réglementation veut que nous élevions les vins bruts sans année au minimum 15 mois en bouteille, chez Alfred Gratien, on attend 4 ans. Les cuvées millésimées au moins 10 ans, et la cuvée Paradis repose quant à elle, 6 à 7 ans en cave. On aime donner le temps au temps, pour atteindre la plénitude. En ce moment, nous mettons en bouteilles la dernière vendange 2020, je sais que je vais devoir attendre au moins 4 années pour la gouter dans de bonnes conditions. 

Vous avez la chance d’avoir une belle vinothèque chez Alfred Gratien, quelle est la plus vieille cuvée qui s’y trouve ?

La bouteille la plus vieille que nous ayons est un flacon de 1928, mais c’est mon père qui l’a dans sa propre cave. 1928 c’est l’année où mon grand-père est entré chez Alfred Gratien. Et quand il est parti en retraite, la direction lui en a offert quelques flacons. Chez Alfred Gratien, nous avons une vinothèque de plaisir que nous commençons avec 1945 et ensuite toutes les belles années, 1962, 1964, 1969, 1975. Nous dégustons aujourd’hui ces bouteilles avec un réel plaisir, et partager cela avec nos clients, c’est merveilleux. 

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©Michael Boudot pour Champagne Alfred Gratien

 

“Le champagne, réservé à toutes les occasions”

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Décomplexer la consommation du champagne : c’est LE message que souhaite transmettre le Syndicat Général des Vignerons de la Champagne aux jeunes générations qui ne consomment pas forcement du champagne comme il pourrait le faire avec un vin plus « classique ». Comme nous l’évoquions dans un article précédent (Champagne, les tendances de consommation en 2021), le champagne reste une boisson occasionnelle souvent associées à la fête, et aux grandes occasions comme les mariages ou les fêtes de fin d’année alors qu’en réalité le champagne accompagne tout, « même les petits riens » comme l’évoquait le SGV dans une précédente campagne de communication.

Le nouveau mot d’ordre ? « À chacun son champagne (de vignerons) », car il y a autant de champagnes que de bulles dans une coupe. Et pour remettre le champagne au cœur de tous les instants de vie, le SGV s’engage dans une nouvelle campagne de communication entre 2021 et 2023, qui réinvente et réoriente la consommation du produit : « Le champagne, réservé à toutes les occasions« .

Cette nouvelle campagne de communication qui voit donc tout juste le jour, est présente dans les médias radios, vitrines de cavistes, réseaux sociaux, et relayée aussi par le monde de l’influence très à la mode en ce moment. Avec eux, en parallèle, le lancement d’une nouvelle expérience gustative, chaque mois, autour du hashtag #créatifchampagnelab avec des dîners où le chef Yoni Saada, fils et petit fils de la plus ancienne boucherie du Marais à Paris, sera aux fourneaux autour des Champagnes de Vignerons et entre autres, des portraits engagés de femmes vigneronnes.

Raconter une histoire, au travers de personnalités et de caractères différents, ces affiches sont mises en images par Chris Book, photographe qui collabore avec les plus grandes marques de luxe. Dans chaque visuel se cachent de nombreux indices : un accessoire, une lumière, un objet en arrière-plan (lunettes de soleil, téléphone, tube de rouge à lèvres..)… qui vont permettre à chaque consommateur de s’identifier et ainsi trouver le champagne qui lui correspond. « Crée un véritable choc de considération en alliant l’univers raffiné du champagne à l’authenticité des plaisirs simples. Cette campagne propose des mises en scène élégantes qui illustrent que, même si le champagne est un produit d’exception… il n’est pas à consommer qu’exceptionnellement (mais toujours avec modération) ! » explique Maxime Tourbard président du SGV.

Au cœur de cette campagne, la coupe de champagne reste bien sûr la plus belle des héroïnes.

 

Dégustation virtuelle mondiale de champagne avec le « Wine On Earth Taste-A-Thon »

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Le « Wine On Earth Taste-A-Thon » est un marathon de dégustations virtuelles organisé par la Wine Origins Alliance. Cette association américaine, regroupe 31 des plus célèbres appellations viticoles mondiale dont fait partie la Champagne.
Son but étant de promouvoir la singularité et l’unicité des terroirs viticoles, mais aussi sensibiliser les décideurs politiques et les consommateurs du monde entier de l’importance des noms de lieux tout en luttant activement pour leur protection.

Le mercredi 17 juin 2020

Pour cette seconde édition ; une série de dégustations virtuelles sera organisée, sur une seule journée, par 13 régions viticoles, membres de l’Alliance et de nombreux producteurs les plus renommés au monde. « Aujourd’hui, alors que nous sommes obligés de nous distancier, le vin reste un lien entre nous. Après tout, il est toujours l’heure de déguster un Grand Vin quelque part » a déclaré Jennifer Hall, directrice de la Wine Origins Alliance

Se retrouveront sur un marathon de 24h, la France, mais aussi le Japon, le Portugal avec L’Institut des vins de Porto et du Douro qui parleront des subtilités des ports tawny, les Etats-Unis qui fêteront les papas avec une masterclass « Winemaker Dads : A Father’s Day Celebration ! » , l’Espagne, l’Australie, et l’Afrique du Sud avec le groupe Cape Wine Origins qui mettront en lumière cinq vins d’origine différents du Cap occidental en Afrique du Sud.

La Champagne

Le Comité Champagne, représentant de la région Champagne, proposera deux rendez-vous exclusifs pour en savoir plus sur son terroir unique et sur ces vins d’exception. Le 17 juin de 10h à 10 h 30 et de 18h à 18h30, sur le site wineonearth.org pour y suivre les dégustations en direct. Il sera aussi possible de suivre cet événement mondial sur Twitter, Facebook ou Instagram grace aux hashtags #WineOnEarth ou #LocationMatters

Pique-nique et champagne

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Le printemps est là, le soleil avec, et la saison des pique-niques est officiellement lancée par Envie de champagne !  Pour profiter de la nature et d’un moment en famille ou entre amis, quoi de plus normal que d’associer son pique-nique à du champagne… On célèbre ainsi le champagne à toutes les occasions !

La généreuse gougère au fromage, faite maison se prête volontiers au jeu du pique-nique/champagne. N’hésitez pas à la twister en la coupant en deux et en la tartinant de fromage frais aux herbes. Un champagne Blanc de noirs, dont les saveurs fruitées rappellent la saison estivale et apportent de la gourmandise aux préparations de légumes. Donc quoi de plus logique que d’apporter une salade ou des légumes crus à croquer recouverte d’une fine couche de tapenade verte ou noire. Des poivrons, courgettes, aubergines grillées, viandes froides rouges ou blanches et les terrines, s’accommoderont à merveille avec ces mêmes Champagne Blanc de Noirs.

Si vous optez pour un déjeuner sur l’herbe autour d’un tartare de saumon posé sur de la baguette légèrement grillée, des gambas grillées, ou des poissons fumés tels que les maquereaux, ou truites, un champagne Blanc de blancs, avec de la vivacité, de la finesse et de la fraîcheur sera parfait avec ces produits de la mer.  Prenez par exemple la cuvée Grand blanc de blancs de la Maison Gosset, dotée d’un équilibre parfait, aux notes florales sur des pointes d’agrumes bien franches. La cuvée n°7 également, de chez champagne Ayala, sortie pour les 160 ans de la Maison dont la cheffe de cave Caroline Latrive nous confiait les secrets, il y a quelques semaines (LE FRUIT DANS TOUS SES ÉTATS : N°7, LE SECOND OPUS DE LA « COLLECTION AYALA »)sera onctueux en bouche. Un superbe accord !

Pour le fromage, vous pouvez déguster un fromage de brebis doux en bouche, par exemple avec du champagne demi-sec ou extra-sec. Le champagne brut est idéal avec des fromages comme le Chaource ou les Brillat-Savarin. 

Le champagne rosé quant à lui, pourra accompagner des jambons crus italien, des salades, et beaucoup de desserts peu sucrés et fruits frais ! Melon, cerises, fraises, framboises, il sera parfait pour apporter la touche fruitée dans votre verre.
Moët & Chandon proposait l’année dernière sa cuvée Moët Impérial Rosé, autour d’un panier pique-nique luxueux composé d’un poke-bowl, avec un bun libanais et une salade aux accents méditerranéens. Ce menu, imaginé par Marco Fadiga, le chef de cuisine de la Maison, offrait un accord merveilleux avec le fruité intense de la cuvée.
Le champagne Rosé Veuve Clicquot inspire aussi le chef Jean Imbert qui propose à partir du 13 juin de cette année, un pique-nique gourmand et généreux qui peut facilement inspirer tout le monde. Il se compose de chips de pommes de terre de Noirmoutier, une salade avec des morceaux de chorizo et de la mimolette, un gaspacho à base de tomates ananas, du chèvre frais de Touraine et les groseilles du jardin du Chef en personne ! Pour le sandwich, il opte pour un pain au Sarrasin, garni de thon rouge, d’aubergines et de jeunes pousses. Et pour finir, un clafoutis aux cerises Burlat de Céret et une salade de fruits rouges rafraîchie au Champagne Rosé Veuve Clicquot ! Petit bonus, et pas des moindres, un cake aux pralines, associé à une confiture de framboises. Voici des accords merveilleux qui se marieront avec les notes fruitées du Champagne Rosé Veuve Clicquot.

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Attention, même si vous pique-niquez, il faudra toujours penser à avoir un champagne gardé bien au frais avec une ice-jacket par exemple et n’oubliez pas (surtout) du bon pain ! 

Une transmission au féminin chez les champagnes Castelnau

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Début 2022, Carine Bailleul deviendra cheffe de caves de la Maison Castelnau et succédera à Elisabeth Sarcelet, en poste depuis 37 ans et cheffe de cave depuis 2013 au sein de la Maison. Castelnau, ce sont 750 hectares de vignes avec 800 adhérents, présents sur 150 crus sur toute la Champagne. La cave coopérative élabore des cuvées d’exception, et Carine Bailleul compte bien perpétuer cette tradition.

Carine Bailleur, quel est votre parcours ?
Après un BTS agro-alimentaire et un stage en cave coopérative chez Jaillance dans la Drôme, dans la production de la Clairette de Die, j’ai découvert le métier d’œnologue que je ne connaissais pas du tout et que j’ai adoré découvrir. Je me suis donc dirigée en 2002 vers un Diplôme national d’œnologue et en 2003, je suis rentrée en stage chez Castelnau. Une fois le stage validé, j’ai complété ma formation par un master en « Qualité et vin de Champagne » à l’Université de Reims, puis une année dans les vignes pour passer le concours de taille et apprendre le métier de vigneron que je ne connaissais pas pour revenir par la suite chez Castelnau.

Castelnau est une maison qui vous ait chère ?
Oui, je trouve que travailler pour la coopération, c’est très intéressant et important. Unir ses forces et partager les outils de production, est un procédé que je trouve beau. J’aimais aussi beaucoup les vins de Castelnau dès le départ. On y travaille beaucoup sur le temps. Nos temps de vieillissement sur lies sont très importants. La Maison pouvait m’offrir un accompagnement et une formation complète. Former un œnologue ça prend du temps, c’est un peu comme nos vins et Elisabeth Sarcelet, a toujours pris soin de transmettre son savoir-faire. J’ai rencontré chez Castelnau des gens passionnés et rigoureux, je partage ces valeurs-là.

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C’est assez inédit de rentrer en tant que stagiaire dans une Maison de champagne et d’évoluer comme cela au poste d’œnologue ?
C’était aussi le cas pour Elisabeth Sarcelet qui est arrivée comme stagiaire en 1984. C’est une Maison où on reste et où on se sent bien. Nous sommes entourés par des équipes supers. Globalement, les gens restent.  

Castelnau est présent sur 150 crus sur toute la Champagne, c’est un patchwork très intéressant du terroir champenois, comment gérez-vous cela au moment des vendanges ?
On appelle ça « la ventilation », les vins sont dispatchés, par cépages et par crus. C’est un rubik’s cube au moment des vendanges, on fait plus appel à notre l’esprit mathématique à ce moment-là. On rassemble quelques régions aussi, comme celle de Belval, celle de Montgueux avec un très bel approvisionnement de Chardonnay, ou à Riceys pour le Pinot noir. Et effectivement, pendant les vendanges, on a entre 60 et 70 éléments différents à dispatcher dans les cuves. Chez Castelnau, nous avons une équipe qui fait un travail considérable sur laquelle je peux aussi m’appuyer.

Vous succédez donc à Elisabeth Sarcelet, Cheffe de cave de la Maison depuis 37 ans, c’est assez inédit en champagne que la transmission de la fonction de cheffe de caves se fasse d’une femme à une autre ?
C’est, en effet, assez inédit, mais en réalité, c’est très naturel. Ce n’est pas du tout une histoire de parité, ni de féminisme, je suis là depuis un moment, je connais la philosophie des vins de la cave, c’est surtout une histoire de compétence. 

Quelle est cette philosophie des champagnes Castelnau justement ?
C’est avant tout un long vieillissement. On travaille dès la vinification pour essayer d’amener les vins le plus longtemps possible sur de longs vieillissements sur lies. Nous avons une politique de vin de réserve, que nous allons essayer de déloger le moins possible. Nous n’avons pas spécialement de cuverie pour les vins de réserve d’ailleurs. Nous souhaitons conserver leurs jeunesses le plus longtemps possible. C’est donc un véritable travaill sur le temps, et la maîtrise des longs vieillissements. Chez Castelnau, nous concevons des vins qui sont généreux, profonds, sur des arômes tertiaires de grillés, de noisettes, qui ont ravi mon palais quand je suis arrivée. L’idée, c’est de continuer sur cet ADN-là.

Allez-vous mettre votre « pâte » dans les futures cuvées ?
Je reste sur cet esprit originel de la Maison, parce que c’est passionnant d’essayer de travailler sur ce temps. Par exemple, notre Brut réserve reste 6 ans sur lies avant d’être commercialisé. En ce moment, nous sommes sur la vente du millésime 2006. Je trouve cela passionnant. Il existe pas mal de levier, nous les explorons du mieux qu’on peut. Il y beaucoup de recherches en Champagne autour du sujet. Nous avons un partenariat, pour une année, avec l’équipe Effervescence de l’Université de Reims pour travailler autour du temps et du long vieillissement sur lies. 

Et de façon plus précise quelles sont les évolutions possibles ?
Nous allons travailler sur l’étanchéité des capsules, la forme de la bouteille, la dimension du goulot… Tous ces éléments influent sur le processus de vieillissement du vin.

Pouvez-vous nous parler des différentes gammes de champagnes Castelnau ?
Nous avons notre Blanc de blanc millésimé, c’est le 2006 qui est en ce moment encore commercialisé, notre « Hors catégorie », une cuvée avec une touche subtilement boisée, grillée, avec des nuances de cuir, en bouche il sera citronné, légèrement crémeux. Nous concevons aussi un Rosé très voluptueux et tout en délicatesse, un Extra-brut qui allie le ciselé des Chardonnays et la rondeur des Meuniers, un Brut Réserve et un Brut plus fruité qui n’a « que » 3 ans de vieillissement. Ces dernières années, nous avons travaillé sur une cuvée Soléra également qui commence avec un vin de 2009, mais qui ne sera pas présentée au public tout de suite.

Travaillez-vous sur une cuvée « signature » ?
Pas vraiment, parce que chez Castelnau, nous avons un panel de dégustation. Le chef de cave a le dernier mot, mais nous avons une équipe d’œnologue pour réaliser un assemblage. Pendant le COVID, nous nous sommes bien rendus compte que c’était un outil indispensable pour une Maison et garantir la qualité des vins. Le vrai secret, je pense, c’est de savoir bien s’entourer de gens compétents et bien entraînés au « goût maison ». Au moment des assemblages nous avons fait plein d’essais, de dégustations régulières. C’est une cuvée qui est le fruit du travail d’une équipe complète. 

En 2021, vous prévoyez de sortir une cuvée bio ?
Oui, ça me tient très à cœur. Cette cuvée-là, j’en suis ravie, c’est un mode de conduite de la vigne qui, je pense, est de plus en plus indispensable. En Champagne, c’est encore délicat et compliqué, mais le vigneron qui fait du bio, il est proche de ses vignes, au contact permanent du végétal et très à l’écoute de son raisin. Du coup, souvent, on a des résultats très précis. Cette cuvée bio est déjà en bouteille. C’est un assemblage des trois cépages, qui offre une belle représentation du terroir champenois. Elle sera un peu plus jeune et fringante, avec 15 mois de vieillissement, et elle se voudra plus fruitée, différente du reste de la gamme que nous proposons chez Castelnau. Notre cuvée bio devrait sortir pour l’automne 2021, début 2022 au plus tard.